Projet de création d’une monnaie locale complémentaire en Belgique

sur la région de Fontaine-l’Evêque - Leernes - Forchies

(juin 2017)

 

© Frédéric TOUBLANC

 

 

 

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Tout le monde le sait, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des proportions critiques. Selon les dernières études scientifiques, nous devons changer nos habitudes dans les 20 prochaines années pour ne pas atteindre le point de non-retour. Cela fait des années que les gouvernements et les multinationales ne font rien, car, tout simplement, leur objectif est de spéculer sur l’argent pour s’enrichir au détriment de notre bien-être. Et si nous pouvions reprendre le contrôle et agir ? Je me suis longtemps posé la question et j’ai finalement découvert qu’il existe de nombreuses solutions. L’une d’elles : la création d’une monnaie locale complémentaire !


                          

 

J’ai la chance de pouvoir m’exprimer au sujet de mon projet de création d’une monnaie locale complémentaire (MLC) sur cette newsletter. J’ai d’abord voulu présenter le système de monnaie locale mais j’avais le sentiment de ne faire qu’un plagiat des définitions et présentations existantes. J’ai alors décidé de parler avec mon cœur et d’expliquer comment j’en suis venu à me lancer dans ce projet.

 

J’ai passé toute mon enfance en Côte d’Ivoire où il était très coûteux de manger des produits importés. Nous mangions donc quasi uniquement des produits locaux (légumes, fruits, poissons, poulets, riz), de temps en temps de la viande rouge et du fromage, mais c’était un luxe. Les produits étaient forcément de saison, bio (même si ce terme n’existait pas encore à l’époque) et à des prix ridiculement bas par rapport aux produits non locaux.

 

Un jour j’ai dû quitter l’Afrique et partir m’installer en France puis en Belgique. Je n’ai jamais compris pourquoi les gens mangeaient des bananes, des mangues, et tous ces produits importés que j’avais connus. Ils étaient hors de prix, n’avaient quasiment aucun goût et je ne parle pas de leur faible apport en vitamines. Puis j’ai découvert la société de consommation et, sans m’en rendre compte, je me suis fait embarqué dans le système.

Gagner de l’argent était devenu une priorité, je travaillais pour consommer encore et encore. A cause de cette surconsommation j’ai failli me retrouver à la rue. Je me suis rendu compte que j’étais devenu complètement dépendant de ce système économique et que ma liberté disparaissait petit à petit.

 

Progressivement, une multitude de questions m’envahissait. Comment se débarrasser de cet argent ? Le troc ? Oui mais troquer quoi ? Et si je pouvais échanger des services contre d’autres services ou produits ? Oui, mais comment valoriser ces services ? etc.

Années après années, les choses évoluèrent. Désormais, ma famille et moi, mangeons bio et local, nous cultivons notre jardin, nous achetons le moins possible de produits inutiles et nous nous sentons de plus en plus heureux.

Mais cela ne me suffisait pas. Devenu père, je ne pensais qu’à une chose : transmettre ces valeurs à mon fils et surtout lui permettre de connaître un monde plus solidaire, moins matérialiste, plus humain et plus respectueux de notre planète qui, au passage, nous permet de respirer, manger, boire… en un mot : vivre.

Je devais agir, c’était en moi, mais il me manquait quelque chose pour passer à l’acte.

 

Et ce fut la révélation, l’étincelle. Un beau jour, ma femme me montra un documentaire « Demain »¨[°] de Cyril Dion et Mélanie Laurent  et j’ai alors découvert l’existence des monnaies locales complémentaires, de leurs impacts sur l’environnement, sur notre bien être en devenant plus solidaires les uns des autres et comment l’argent peut redevenir un outil au service des citoyens et non plus au service des multinationales

J’ai donc finalement décidé de me lancer dans ce projet de création d’une monnaie locale complémentaire dans ma commune.

 

 

 

Qu’est-ce qu’une monnaie locale complémentaire (MLC) ?

Il s’agit d’une monnaie complémentaire à la monnaie nationale (l’euro) qui n’est utilisée qu’au sein d’un réseau, ce qui permet de favoriser les échanges locaux et diminue notre dépendance au système financier classique. Il ne s’agit pas d’un nouveau concept, car à l’origine toutes les monnaies étaient locales. Il ne s’agit que d’une unité de mesure favorisant les échanges. Il existe par ailleurs plus de 5000 systèmes de MLC dans le monde.

 

Quel est l’intérêt de cette monnaie ?

Au niveau local :

    Redynamiser l’économie locale

    Développer les circuits courts de proximité

    Encourager l’entreprenariat local

    Valoriser les échanges et le lien social

Au niveau du citoyen :

    Devenir acteur volontaire de ses conditions de vie par sa consommation et devenant ainsi plus libre d’agir pour son bien être

    Participer au développement du commerce de proximité et de l’emploi local

    Diminuer notre dépendance au système financier national et mondial

Au niveau des entreprises :

    Privilégier la qualité

    Fidéliser la clientèle locale

    Améliorer son image de marque, sa réputation

    Montrer son intérêt pour des valeurs sociales et écologiques

Au niveau global :

    Réduire l’empreinte écologique

    Promouvoir une consommation libre et responsable

    Démontrer qu’un usage non spéculatif de la monnaie est possible

    Diminuer les écarts sociaux

 

Comment fonctionne une monnaie locale complémentaire ?

N’ayant pas encore décidé du nom de cette monnaie, je vais l’appeler le « Tchôd » dans cet exemple. (Tchôd vient du terme wallon El Tchôdia qui signifie le Chadeau, une soupe traditionnelle).

Légalement, le Tchôd ne peut être utilisé qu’au sein d’un réseau. Ce réseau sera une association à but non lucratif.

Les citoyens adhèrent à l’association pour utiliser le “Tchôd”. Ils échangent des euros contre des Tchôds. 1 euro = 1 Tchôd.

Ces euros sont conservés au sein de la caisse de l’association et ne permettent que l’échange de Tchôd en euros par les entreprises.

Avec leurs Tchôds ils peuvent réaliser des achats avec les entreprises locales qui elles aussi ont adhéré à l’association en versant une cotisation annuelle et en signant une charte de qualité concernant l’environnement, les conditions de travail, une synergie d’échange avec les autres entreprises locales.

Les entreprises échangent entre elles des Tchôds (circuit court). Elles peuvent convertir leurs Tchôds en euros (ces euros proviennent de la caisse de l’association dont les comptes seront contrôlés régulièrement par un expert-comptable). Cela permet de favoriser l’échange de Tchôds dans le réseau et augmente ainsi les synergies locales. Les professionnels ont donc cette possibilité de convertir leurs Tchôds en euros pour leur permettent de payer les fournisseurs qui n'adhèrent pas encore au réseau.

La monnaie circule constamment et permet ainsi de dynamiser les échanges locaux, d’augmenter à terme le pouvoir d’achat des membres du réseau et de créer de l’emploi grâce à l’apparition de nouvelles entreprises qui adhèrent à ce réseau.

 

 

Ensemble agissons et reprenons le contrôle de notre vie.

 

Frédéric TOUBLANC

(pour participer, être tenu au courant..., nous  contacter via: tchod.mcl[at]gmail.com)

 

 

° Tout le monde se lèvera-t-il demain ?

 

 

 

 

Une nouvelle monnaie locale : pour mieux reprendre le contrôle de notre vie !
 

 

 

NEWS

 

* JUIN 2017.

    - Le projet de monnaie locale pour la région de Fontaine-l'Evêque (Belgique) avance :en phase d'étude :

      c'est la finalisation de la structure et le fonctionnement de la monnaie locale, appelée la Monnaie Citoyenne Locale

      (ce qui se rapproche plus des valeurs souhaitées à véhiculer, à savoir un projet citoyen).

    - Article sur les monnaies locales en Belgique (Test-Achats)

 

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