"L'inhibition de l'action" du Pr Henri Laborit

 

Baudouin Labrique ©

 

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"L'inhibition de l'Action", biologie comportementale et de physio-pathologie

 de Henri Laborit, aux Editions Masson

et aux Presses Universitaires de Montréal (1980)

(ISBN : 2-225-80641-1 / Ean 13 : 9782225806414) :

il y expose déjà le résultat de ses recherches en psychosomatique
relatives à l'incidence  de situations conflictuelles sur le somatique 

au moment où le Dr Hamer  commence à peine ses travaux

sur le même sujet, mais en se gardant (erratiquement)

de faire référence à Laborit comme de parler de psychosomatique !

La "loi d'airain" du Dr Hamer ne fait ainsi que reprendre ce que Laborit a découvert

et pourtant le Dr Hamer qui ne pouvait pas ne pas le connaître, ne le nomme pas !

 

 

"Au delà de la vision étroite des perturbations "psychosomatiques" auxquelles on se référait alors, il ouvre la voie de la neuro-psycho-immunologie, une des approches les plus prometteuse du comportement humain en relation avec les mécanismes moléculaires et cellulaires.

L'inhibition de l'action peut être le facteur déclenchant de désordres neuro-psycho-immulogiques. La preuve est faite aujourd'hui des interrelations entre macrophages, hormones peptidiques et régulateurs du fonctionnement cérébral. Les trois réseaux qui assurent l'homéostasie du corps (système nerveux, immunitaire [°]  et hormonal) convergent et s'interpénètrent. ."

Joël de Rosnay (Directeur de la Prospective et de l'Evaluation Cité des sciences et de l'Industrie – Paris )

[° Att ! Le système immunitaire est un concept fondé sur un dogme]

 

 

 

Henri Laborit est né en 1914, à Hanoi. Il débute sa carrière comme chirurgien dans la marine,

puis s'oriente vers la recherche fondamentale.

Il s'intéresse notamment aux molécules à action psychotrope,

à l'eutonologie, à la biologie des comportements...

Chirurgien, scientifique de haut niveau international, philosophe, écrivain,

 il dirige la revue d'Agressologie entre 1958 et 1983, et meurt en mai 1995.

Un hôpital à Poitiers (France) porte son nom.

(Plus de détails sur sa vie et son oeuvre).

 

A l'issue d'une conférence que donnait Laborit en 1966, un psychiatre se leva pour déclarer, non sans emphase, qu'il le voyait comme un " hardi explorateur qui, tel un Viking, s'élance sans peur sur les eaux profondes et dangereuses de la pensée scientifique à la découverte de nouveaux rivages".Laborit étudie systématiquement toutes les grandes familles de molécules agissant au niveau du système nerveux central. Il déplore les effets abrutissants de tranquillisants tels l'équanil et les benzodiazépines qui ne remédient en rien aux causes de l'anxiété. (Source)

 

"Henri Laborit, homme total et libre dans l'univers fragmenté des disciplines, restera en cette fin du 20ème siècle comme un pionnier de la pensée complexe et l'inspirateur d'un nouveau sens de la vie"

Joël de Rosnay, directeur du Développement et des Relations Internationales à la Cité des sciences et de l'Industrie.
 

 

 

Mais que se passe-t-il donc quand on ne peut ni fuir ni lutter

face à une situation conflictuelle ?

 

 

           
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Extrait du film Mon oncle d'Amérique (voir plus bas) où le Pr Henri Laborit joue son propre rôle : il  explique ses fameuses expériences avec les rats, en les mettant en parallèle avec ce que les personnes peuvent vivre de tel et, dès lors, les somatisations qui en découlent dans certaines conditions. De telles personnes peuvent avantageusement consulter non seulement des médecins (aspect physiologique)  mais aussi des psychothérapeutes aguerris à la psychobiologie et le faire surtout s'ils sont convaincus que la maladie a une origine immanquablement psychobiologique (comme le Pr Henri Laborit l'a superbement montré et ce qui est en phase et de plus en plus avec ce que la Science a permis de révéler...)  Plus de détails sur la psychobiologie.

 

 

 

1. Expérimentation avec des rats :                      

  
Expérimentation de la cage d'inhibition  (texte du titre 1 repris du site "A la Santé globale" de Léon Renard)
 

"1. Un rat est placé dans une cage à plancher grillagé et séparée en deux compartiments par une cloison,

      dans laquelle se trouve une porte Un signal sonore et un flash lumineux sont enclenchés

      et après quatre secondes un courant électrique est envoyé dans le plancher grillagé.
      La porte est ouverte. Le rat apprend très vite la relation temporelle entre les signaux sonores et lumineux 

      et la décharge électrique qu'il reçoit dans les pattes.
      Il ne tarde pas à éviter cette "punition" en passant dans le compartiment adjacent.
      A peine est-il arrivé que le plancher bascule légèrement et active les signaux et quatre secondes plus tard

      le choc électrique. Il doit cette fois parcourir le chemin inverse et le jeu de bascule recommence,

      ainsi que les signaux et le choc électrique.
      Il est soumis à ce va et vient pendant dix minutes par jour pendant huit jours consécutifs.
      A l'auscultation, son état biologique est excellent.

 

 


 2. Cette fois deux rats sont placés dans la cage mais la porte de communication est fermée.
     Ils vont subir le choc électrique sans pouvoir s'enfuir. Rapidement ils se battent, se mordent et se griffent.
     Après une expérimentation d'une durée analogue à la phase 1, ils sont auscultés et leur état biologique,

     à part les morsures et les griffures, est excellent.

 3. Dans cette nouvelle expérience, un rat est placé seul dans la cage avec la porte de communication fermée.
     Le protocole est identique aux précédentes expérimentations.


    Au huitième jour, les examens biologiques révèlent :
     - une chute de poids importante ;
     - une hypertension artérielle qui persiste plusieurs semaines ;
     - de multiples lésions ulcéreuses sur l'estomac.

     Constatation : L'animal qui peut réagir par la fuite (expérience N°1), ou par la lutte (expérience N°2)

     ne développe pas de  troubles organiques. L'animal qui ne peut ni fuir ni lutter (expérience N°3)

     se trouve en inhibition de son action et  présente des perturbations pathologiques.

     Il en est de même pour l'être humain. Dès qu'il se trouve enfermé, coincé dans une situation sans issue

     et qu'il ne peut  réagir par la fuite ni l'attaque il se trouve dans une situation qui provoque

     des symptômes plus ou moins importants  selon son état de santé physique et psychique antérieur

     et la durée de la situation.


 

 

Manifestement bien plus jolie et spacieuse cage que celle dévolue au rat de laboratoire !

 


 4. L'expérience numéro trois est à nouveau proposée à un rat avec le même protocole.


  Chaque jour l'animal isolé est soumis, immédiatement après les dix minutes d'inhibition dans la cage fermée,

  à un électrochoc convulsivant avec coma. Au bout des huit jours, et malgré l'intensité agressive

  de l'électrochoc, l'état de santé du rat est excellent.

    Dans cette expérience il est démontré que l'électrochoc interdit le passage de la mémoire immédiate,

    à court terme, à la mémoire à long terme. L'oubli forcé est ici, pour le rat, un moyen efficace

    de sauvegarde face à une situation  inhibitrice qui se répète."
 

 

2. L'homme dans son environnement : (textes d'Isabelle Aubert-Baudron : titres 2 et 3)

                                                                         

    - "L'homme est un tout psycho-somatique dans son milieu qui le pénètre et auquel il réagit." (A. Korzybski)

    - "Ce n'est que par une action motrice sur l'environnement que l'individu peut satisfaire à la recherche

         de l'équilibre biologique, du bien-être, du plaisir.

    - L'action sur l'environnement n'a qu'un seul but : maintenir la structure de l'organisme qui agit, n'agit

         et ne travaille que pour maintenir sa propre structure.

    - Sur le plan biologique, il existe quatre types de comportements fondamentaux :

            - deux sont innés :

                    - comportements de consommation : boire, manger, copuler; ils répondent à un stimulus interne.

                    - comportements de lutte ou de fuite : ils répondent à un stimulus externe.

            - deux sont acquis :

                    - l'un est celui de l'action récompensée ou permettant d'éviter la punition et capable

                       de renforcement.

                    - l'autre est un comportement d'inhibition résultant de l'action punie et non récompensée."

 

 

 

Si vous regardez bien cette photo d'étoiles, vous pourrez, comme par hasard,

distinguer une forme de foetus (en tons brunâtres).

Beau symbole de tout ce qui constitue l'environnement au sens très large

et qui interfère déjà, dès le moment, voire bien avant, de la conception...

 

 

3. Angoisse et anxiété :

 

 "Puisque ce n'est que par une action motrice sur l'environnement que nous pouvons primitivement satisfaire

    à la recherche de l'équilibre biologique du bien-être, du plaisir, c'est à dire satisfaire à la réalisation de notre

    survie dans le milieu, tout ce qui va s'opposer à ce comportement opérant et gratifiant ou surtout l'interdire

    risque de provoquer :

            - d'une part le déclenchement de la réaction vasomotrice dont le but est de permettre la lutte ou la fuite

               (décharge d'adrénaline) ;

            - d'autre part un sentiment d'impuissance motrice.

    C'est la combinaison de ces deux éléments qui entraîne la sensation d'anxiété car, ces mécanismes

    étant inconscients, cette peur est apparemment sans objet légitime et aboutit

    à un sentiment pénible d'attente.

 

 

 

  - Mécanismes provocateurs :

        - Conflits entre les puissances instinctuelles (sexuelles) et les interdits socioculturels :

           Dès la naissance l'individu est pris dans un cadre socioculturel dont le but essentiel est de lui créer

           des automatismes de pensée indispensables au maintien de la structure hiérarchique de la société

           à laquelle il appartient.

       - Déficit informationnel concernant un événement survenant dans l'environnement :

           impossibilité d'agir efficacement d'où angoisse.

       - Anticipation : le fait d'anticiper sur les événements susceptibles de ce produire sans avoir

           les éléments nécessaires pour effectuer des prévisions correctes.

        - Transformation rapide des valeurs.

        - Angoisse existentielle : l'homme est le seul être qui sait qu'il doit mourir.

 

  - Moyens d'évitement :

        - Agressivité : contre les autres ou contre soi-même.

        - Fuite.

        - Dépression.

        - Toxicomanies.

        - Psychose.

        - Créativité.

 

  - Effets de l'inhibition de l'action sur le plan physico-chimique :

        L'inhibition de l'action entraîne la libération de :

         - cortisol :

                    * diminue les défenses immunitaires [°] de l'organisme contre les infections.

                    * détruit les protéines d'où une diminution du sommeil ; favorise les ulcères à l'estomac.

                    * retient l'eau et les sels d'où une augmentation de la masse sanguine.

                        [° Att ! Le système immunitaire est un concept fondé sur un dogme]

        - noramidopyrine : entraîne une diminution du calibre des vaisseaux d'où une diminution de

                    la capacité respiratoire, d'où hypertension, pathologie cardio-vasculaire."

 

 

  

N.B. de Baudouin Labrique :

          

              Cette expérience rejoint donc tout à fait ce que le Dr Hamer (qui ne fait regrettablement aucunement référence au Pr Laborit

               ni à d'autres scientifiques)  a (re)découvert ensuite au travers de sa loi d'airain du cancer  certes confinée à l'espace

              d'un laboratoire et dans une expérimentation qui place les sujets (rats) dans des conditions qui ne sont jamais remplies

              dans leur environnement naturel, ce qui restreint la porté réelle d'une pareille expérimentation (même s'il faut saluer

              le courage et l'intelligence du Pr Laborit à avoir osé prendre en compte les facteurs psychiques dans l'apparition de

             maladies.

              Une situation  conflictuelle non résolue qui produit un surstress (ici subir l'électricité), si elle plonge le sujet dans un isolement

              (il se sent seul, sans pouvoir communiquer ce qu'il ressent) et si aucune solution n'est trouvée rapidement,

              (ici, pas de possibilité de fuir ou de combattre le problème ), crée sur ordre du cerveau (programme pour survivre)

              ( au moins)  une somatisation (en l'occurrence les lésions ulcéreuses à l'estomac ).

              Voir l'exemple, cette fois en milieu naturel, de diminution de cortisol dans le cas des brebis qui s'égarent

              pour les obliger à rester sur place et qui constitue une bel exemple psychobiologique :

              un des nombreux systèmes de survie face un stress intense  qui engendre une nécrose des glandes corticosurrénales.

              Voir aussi chez cet autre exemple du cerf vieillissant qui, en situation conflictuelle très critique

              face à de plus jeunes prétendants, les artères coronaires s'ulcérer,  sur ordre du cerveau, pour laisser passer plus de sang.

             A l'issue du trop long combat, la réparation de ces mêmes artères, entraînent un risque d'infarctus du myocarde.

              (lire à ce sujet la transposition chez l'homme). D'autres exemples fournis par le monde animal en bas de cette page.

 

 

 

 

 

 

 

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Citations du Pr Henri Laborit :

 

"L'œuvre d'Henri Laborit marque l'entrée dans le nouveau paradigme des sciences de la complexité. D'un monde fragmenté par l'analyse cartésienne, il nous mène dans celui des interdépendances et de la dynamique des systèmes. Il ouvre la cellule sur son environnement, retrace le cheminement du flux d'énergie qui, du soleil à l'homme, alimente la vie. Il relie ainsi la photosynthèse, les cycles énergétiques, le métabolisme cellulaire et le comportement en une approche cohérente et féconde."  Joël de Rosnay (Directeur de la Prospective et de l'Evaluation Cité des sciences et de l'Industrie – Paris )

 


"[Ndlr : En cas d'agression, de stress mal vécu, donc de conflit], toute l'homéostasie (°) du milieu intérieur va se trouver perturbée en quelques instants. Et la conservation de notre "vie libre et indépendante" ne sera plus la conséquence de "la conservation de la constance des conditions de vie dans le milieu intérieur" mais de sa perte. Grâce à cet abandon momentané, la fuite — en soustrayant l'organisme au danger survenu dans l'environnement — ou la lutte — en le faisant disparaître en agissant sur lui — permettront le retour à des conditions de vie normale dans l'environnement. Ce n'est qu'alors seulement que le retour à l'homéostasie du milieu intérieur redeviendra possible. Nous avons donc été conduits à distinguer une homéostasie restreinte au milieu intérieur et, en passant au niveau d'organisation supérieur, une homéostasie généralisée de l'organisme dans l'environnement. Il y a bien là changement de programme pour atteindre un but identique : la survie. C'est un phénomène analogue qui, pour les sociétés humaines, fait passer d'une économie de paix à une économie de guerre.»  (°) Capacité à conserver l'équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes extérieures.

(...) "...la pathologie réactionnelle aiguë à une lésion, elle-même brutale et soudaine, dépend aussi de ce qu'il est convenu d'appeler le "terrain" et qui nous paraît être l'état de la dynamique métabolique tissulaire au moment où elle s'installe. Cette dynamique elle-même dépend de toute l'histoire antérieure du sujet, c'est-à-dire de ses rapports historiques avec ses environnements.» (...).
(Les guillemets sont de Laborit).


"Il paraît alors évident que pour faire une infection ou une affection néoplasique [Ndlr :cancer], il ne suffit pas d'un contact avec un microbe ou un virus ou un irritant local chroniquement subi. On a trop focalisé sur le microbe, le virus ou le toxique cancérogène et pas assez sur le sujet, sur son histoire passée et présente, ses rapports avec son environnement. Les toxiques eux-mêmes doivent sans doute présenter une toxicité variable suivant le contexte et le statut social de l'individu qu'ils atteignent.(...) Contentons-nous maintenant de rappeler que les schizophrènes parvenus au stade de la démence, isolés du contexte social par leur folie, sont parmi les populations les moins atteintes par les affections cancéreuses, infectieuses et psychosomatiques (...)." [Ndlr : Le mythe dogmatique du rôle négatif des virus est en train officiellement de prendre du plomb dans l'aile ]

 

(...) « N’est-il pas alors curieux de constater que le psychotique, lorsqu’il est établi dans sa démence, lorsqu’il a dépassé le stade douloureux de son établissement pendant lequel tous les examens biologiques montrent de profondes perturbations, se trouve dans un état normal d’équilibre biologique qui lui permet d’éviter les lésions néoplasiques [cancers] (toutes les statistiques mettent en évidence la faible incidence du cancer chez les psychotiques) et infectieuses ? » (...)
 

"Nous sommes les autres, c'est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres - nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs - ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie."

“ (...).il n'y a pas que les maladies psychiques et psychosomatiques qui soient du ressort des comportements individuels en situation sociale (…), sans doute toute la pathologie en dépend."

"Le manichéisme (°) qui caractérise la majorité des conduites humaines ne permet d'envisager jusqu'ici que deux conduites à l'égard de la maladie : l'une consiste à agir sur l'organisme malade en ignorant son environnement, l'autre à agir sur l'environnement en croyant que cela suffira à résoudre tous les problèmes organiques. Il serait sans doute préférable dans certains cas, pour traiter un ulcère d'estomac, d'éloigner la belle-mère par exemple plutôt que de pratiquer une gastrectomie qui ne changera rien au facteur environnemental." (°)
une pensée ou une action sans nuances, voire simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés.

 "Quand l'action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l'inhibition de l'action permet encore la survie puisqu'elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l'environnement. C'est en ce sens que la "maladie" sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l'organisme avant de disparaître."
(Les guillemets sont de Laborit).

 

"Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l'on considère cette réaction d' inhibition comportementale comme une réaction "adaptative" elle-même, bien qu'elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu'elle évite la destruction pure et simple de l'agressé par l'agresseur. Elle permet à l'agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c'est qu'elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d'assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu'elle fournit, l'inaction, n'apporte pas une solution rapide au problème posé par l'environnement." (Les guillemets sont de Laborit).

 

 

Henri Laborit souligne encore les dangers des méthodes de connaissance dichotomiques (qui isolent un tissu ou un fragment infracellulaire) et séparent le corps et l'esprit :


 

 

 


"L'expérimentation a pour méthode essentiellement d'observer un niveau d'organisation en supprimant la commande extérieure a lui. Elle ramène le servomécanisme au rang de régulateur. Elle ferme le système à un certain niveau d'organisation. L'enzymologiste et le biochimiste isolent les éléments d'une réaction enzymatique in vitro ; le biologiste isole des structures infracellulaires pour en étudier l'activité séparée de l'ensemble cellulaire auquel elles appartiennent ; ou bien il étudie l'activité biochimique d'un tissu isolé. Le physiologiste isole un segment d'organe ou un organe pour en étudier le comportement ou focalise son attention sur un système, cardio-vasculaire ou nerveux par exemple, dont il étudie un critère d'activité privilégié. Il faut regretter que le clinicien lui-même n'agisse généralement pas autrement en soignant un "cœur", un "estomac", un "foie", etc. ce qui consiste à l'isoler du contexte familial et socio-culturel où vit l'organisme auquel il appartient."
(Les guillemets sont de Laborit).

 

"Cette attitude, rentable expérimentalement, est évidemment une des causes de l'inefficacité fréquente des thérapeutiques s'adressant à la seule lésion organique."
 

"Cette approche expérimentale est nécessaire car l'information qui parvient à un niveau d'organisation est multifactorielle et les variables sont trop nombreuses pour les appréhender toutes à la fois. Il est donc indispensable de placer le niveau d'organisation, objet de l'étude, dans un milieu stable dont il est facile de contrôler les principales caractéristiques et de ne faire varier à volonté qu'un seul facteur pour observer les conséquences de ses variations sur le niveau d'organisation soumis à l'expérience. Mais il serait évidemment dangereux de conclure, à partir des faits observés dans ces conditions, à ce qui se passe quant le niveau d'organisation est en place, en situation organique. Cependant, c'est la seule façon d'acquérir une connaissance progressive des mécanismes complexes qui animent la matière vivante. Elle exige, on le comprend, un va-et-vient constant de la part de l'expérimentateur d'un niveau d'organisation à l'autre. Elle exige, en d'autres termes, une "ouverture" d'esprit capable de s'adapter à " l'ouverture " des systèmes complexes que constituent les structures vivantes."

"Cette notion est importante à comprendre, car on entend souvent émettre cette affirmation que le psychologique, le social, l'économique ou le politique ne peuvent se "réduire" au biologique. C'est la bataille à la mode contre le "réductionnisme", bataille à laquelle nous serons les premiers à désirer participer. Nous avons en effet depuis longtemps tenté de manifester dans notre travail une attitude interdisciplinaire à une époque où celle-ci était fort mal vue et la confiance n'était accordée qu'au spécialiste réductionniste. Mais il n'est pas question de réduire le fonctionnement nerveux central à celui du neurone en revanche comment comprendre le fonctionnement du premier dans l'ignorance de celui du second ?"
 

"Quand, il y a peu d'années encore, un médecin observait chez un malade une raideur des muscles de la nuque, une céphalée avec obnubilation, coma parfois, hyperthermie, pouls ralenti, vomissements, il faisait le diagnostic de syndrome méningé. Notons qu'il avait fallu des millénaires pour réunir ces signes disparates en faisceau et montrer qu'ils exprimaient un état d'irritation des méninges. Mais en se limitant aux symptômes par ignorance des processus sous-jacents, la thérapeutique se limitait généralement à prescrire de la glace sur la tête et de l'aspirine. La plupart des malades mouraient."
 

"La séparation entre l'esprit et le corps est sans doute un des concepts les plus difficiles à détruire, car fondé sur une apparente évidence." Joël de Rosnay écrit sur lui : "C'est lui qui distingue encore les écoles philosophiques, les sciences humaines des sciences physiques, et par exemple les psychiatries pavlovienne et freudienne, c'est-à-dire les méthodes cherchant à s'appuyer sur des mesures objectives de faits observés de celles basées sur une approche entièrement subjective et introspective des comportements humains. C'est la barrière qui persiste entre la pathologie cortico-viscérale et la pathologie psychosomatique."

 

Laborit se montre pessimiste à l'égard des "grands progrès" de la médecine moderne qu'il ne considère que comme une médecine d'urgence. "Certes, dit-il, si je contractais une pneumonie, je serais heureux de recevoir de la pénicilline. Mais pourquoi ai- je contracté une pneumonie? Parce que j'étais en inhibition de l'action, consciente ou inconsciente. Or, même en convoquant mon entourage familial, professionnel, etc., tous ceux qui remplissent ma niche environnementale, en scrutant l'établissement défectueux de mes relations interpersonnelles, de classes, de groupe, etc., on ne pourra jamais connaître le contenu de ce que les phénoménologistes appelleraient mon "vécu" que je suis moi-même incapable de pénétrer. Or nous négocions notre instant présent avec tout notre acquis antérieur, depuis notre naissance et peut-être avant. Avec ce que l'environnement, familial en particulier, a fait de notre cerveau immature à la naissance, pendant cette période de l'" empreinte " où nous ne savons pas encore qui nous sommes dans un milieu différent de nous, cette période où nous mémorisons sans savoir que c'est nous qui mémorisons. Nous négocions notre instant présent avec tout notre apprentissage, nos automatismes, tout ce monde inconscient qui vit en nous et constitue ce qu'il est convenu d'appeler une personnalité humaine. C'est cet ensemble invisible, inconnu, qui décide de mon inhibition ou de mon action à un moment donné de mon histoire et qui va donc présider à ma santé ou à ma maladie. Mais alors qui est malade et par rapport à quelles normes ? Est-ce l'individu à son niveau d'organisation psychobiologique, ou l'environnement social qui l'englobe ? " (Les guillemets sont de Laborit).


 

Voir aussi le film d'Alain Resnais "Mon oncle d'Amérique" (Grand Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes en 1980 et Prix de la Critique Internationale - F.I.P.R.E.S.C.I. en 1980) inspiré des travaux du Pr Laborit  (avec Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Pierre Arditi ...) :

c'est un parallèle établi dans entre l’attitude d’un couple de rats et celle d’un couple humain où le Pr Henri Laborit joue son propre rôle de scientifique expérimentateur (on le voit réaliser l'expérience avec les rats décrite sur cette page).  Scénario :  Aussitôt après avoir perdu sa situation, Jean Le Gall (Roger Pierre) y est saisi d'une colique néphrétique et Ragueneau (Depardieu), d'une dépression qui le conduit à une tentative de suicide. Le film avait fait grand bruit et Henri Laborit n'a pas été condamné par un tribunal ni incarcéré à la Santé.

 

"Au fur et à mesure que les trois histoires se développent, les interventions d'Henri Laborit (dans son propre rôle) nous renseignent sur certaines lois du comportement humain fondées sur l'étude du cerveau et de la physiologie animale. Ces théories, clairement exposées, soutiennent que les actes qu'accomplissent l'individu sont déterminés par le conditionnement de la petite enfance. Chacun réagit selon des pulsions de type primaire : la lutte avec le rival ou la fuite devant l'ennemi. Lorsque le sujet est incapable de choisir entre l'affrontement et la dérobade, il se produit un phénomène d'inhibition qui peut conduire à des réactions " limites " comme le suicide."


 

 

Affiche de "Mon oncle d'Amérique"

 

 

Autres ouvrages de Henri Laborit :

Laborit H. La légende des comportements. Editions Flammarion 1994.
Laborit H. L'homme et la ville. Editions Flammarion 1994.
Laborit H. Dieu ne joue pas aux dés. Editions Grasset 1987.
Laborit H. L'agressivité détournée. Editions UGE 10-18 1994.
Laborit H. La nouvelle grille. Edition Laffont (folio) 1995.
Laborit H. Biologie et structure. Editions Gallimard (folio) 1995.
Laborit H. Eloge de la fuite. Editions Gallimard (folio) 1995.
Laborit H. Une vie ; derniers entretiens avec Claude Grenié. Editions du félin 1996.
Laborit H. L'inhibition de l'action. Biologie comportementale et physio-pathologie Editions Masson 1986.
Laborit H. L'homme imaginant. Editions UGE 10-18 1970.
Laborit H, Morand P. Les destins de la vie et de l'homme. Editions Masson 1959.
 

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Citations de Henri Laborit

Beaucoup d'entre nous mourront ainsi sans jamais être nés à leur humanité, ayant confiné leurs systèmes associatifs à l'innovation marchande, en couvrant de mots la nudité simpliste de leur inconscient dominateur.

Confronté à une épreuve, l'homme ne dispose que de trois choix : 1) combattre ; 2) ne rien faire ; 3) fuir.

On ne peut être heureux si l'on ne désire rien.

Il est bon de noter combien la charge affective des mots : bien-être, joie, plaisir est différente. Le bien-être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect.

Le bonheur ou le malheur, à partir du moment où l'on possède de quoi se nourrir, se couvrir, se loger, on les porte en soi.

Dire que Dieu n'existe pas, c'est déjà de la prétention, c'est prétendre connaître son absence.

Le tragique de la destinée humaine ne vient-il pas de ce que l'homme comprend qu'il en connaît assez pour savoir qu'il ne connaît rien de sa destinée, et qu'il n'en connaîtra jamais suffisamment pour savoir s'il y aura autre chose à connaître.

Pendant que l'on cherche à comprendre, le temps passe et la vie avec lui.

Il est plus facile de professer en paroles un humanisme de bon aloi, que de rendre service à son voisin de palier.

On parle du droit à la vie, mais jamais du droit à la non-existence. Est-ce que vous avez décidé de naître ? Non, sans doute, mais ensuite, débrouillez-vous, même si vous naissez au Sahel en période de famine.

 

 

 

 

Ce qui expliquerait la survenance des maladies :

Ce qui se passe lorsque la peur de... (exemple : attraper une maladie) ne se résout pas.

Un cas surprenant : un cytomégalovirus qui fait une volte-face étonnante !

Exemple de guérison avec l'aide de la psychobiologie (col de l'utérus)

D'autres cas de mal-à-dire qui se forgent dans le ventre maternel.

Les hamsters enfumés (tabac) attrapent-ils le cancer

Le cerf qui perd son territoire et l'infarctus ?

"Le langage de la guérison" (J.-J. Crèvecoeur)

 Ce qui se passe lorsqu'une brebis s'égare.

 

 

Là où la psychobiologie moderne rentre en résonance avec les médecines primitives :

       "Que notre vie intérieure s’enlaidisse et nous risquons fort de tomber malades ? (...)

 On sait bien que les traumatismes affectifs, les ruptures, les non-dits graves, les amertumes, les haines…

         sont autant de “laideurs intérieures”, qui provoquent notamment des cancers" :

lire le passionnant article de Nouvelles Clés en annonce du livre

"Les Clés de la santé indigène" (Jean-Pierre Barou & Sylvie Crossman aux éd. Balland)

 

En savoir plus sur la psychobiologie.

 

AVERTISSEMENT IMPORTANT :

nous n'adhérons en aucun cas à la Biologie-Totale

que nous refusons vu les dérives qu'elle génère

par manque criant de précaution, d'éthique et de déontologie appliquées.

(Voir notre avis).

Tout autant, nous ne cautionnons en aucune manière les comportements intégristes et outranciers du Dr Hamer.

Deux chapitres du livre écrit par Baudouin Labrique,

"Quand les thérapeutes dérapent" y sont consacrés.

 

 

 

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